Vladimir Poutine

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Vladimir Poutine temporise sur un retrait de la licence de Total

PARIS (Reuters) - Vladimir Poutine estime à Paris que les spéculations sur un retrait de la licence du groupe pétrolier français Total dans le cadre du projet Kharyaga de partage de production d'hydrocarbures en Russie sont exagérées.

"Nous sommes ouverts à la discussion de tous les problèmes. Les rumeurs concernant le retrait de licence de la société Total sont pour le moins un peu exagérées", a déclaré le président russe dans la cour de l'Elysée.

"Si nos partenaires français posent la question ils auront une réponse exhaustive", a-t-il ajouté lors d'une rencontre bilatérale à Paris, à la veille de la quatrième réunion tripartite franco-germano-russe à Compiègne (Oise).

Le ministre de l'Economie, Thierry Breton, et le ministre des Transport, Dominique Perben, devaient participer dans la soirée à l'Elysée à un dîner de travail avec Vladimir Poutine et le chef de l'Etat français, Jacques Chirac.

L'Elysée avait fait savoir auparavant que la France serait vigilante concernant l'évolution de ce dossier.

Quelques jours après avoir retiré une licence d'exploitation au groupe anglo-néerlandais Royal Dutch Shell, le ministère des Ressources russes a reproché au groupe pétrolier français de ne pas développer le gisement assez rapidement, ce que Total réfute.

En vertu d'un accord signé en 1995, le groupe français est l'opérateur du champ de Kharyaga, situé dans l'ouest de la Sibérie, au-dessus du cercle polaire, sur le territoire autonome des Nenets (Bassin de Timan-Pechora).

Total détient 50 % de Kharyaga aux côtés du norvégien Norsk Hydro et de la compagnie locale, la Nenets Oil Company.

# Posté le dimanche 24 septembre 2006 08:44

Vladimir Poutine

Vladimir Poutine
Arrivée de Vladimir Poutine en France, cérémonie au Bourget

LE BOURGET, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Vladimir Poutine a entamé une visite de deux jours en France, où il s'entretiendra avec Jacques Chirac et la chancelière allemande Angela Merkel.

Les présidents russe et français se sont retrouvés au Musée de l'air et de l'espace du Bourget (Seine-Saint-Denis) pour une cérémonie en hommage au groupe de chasse Normandie-Niémen qui avait combattu pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après avoir écouté les hymnes français et russe, puis passé les troupes en revue, ils ont inauguré une statue érigée à la mémoire des membres de ce régiment russo-français créé à l'initiative de Charles de Gaulle pour combattre l'Allemagne nazie sur le front de l'Est.

Vladimir Poutine et Jacques Chirac sont ensuite montés à bord d'une même automobile, en direction de l'Elysée pour un premier entretien, avant un dîner de travail consacré aux questions bilatérales.

Samedi, les deux présidents retrouveront Angela Merkel au château de Compiègne (Oise) pour la quatrième rencontre tripartite franco-germano-russe.

# Posté le dimanche 24 septembre 2006 08:47

Vladimir Poutine

Vladimir Poutine
Le Président russe, Vladimir Poutine (d) signe le "Livre d'Or" en compagnie de'Jacques Chirac (g) et la chancelière allemande, Angela Merkel dans la bibilothèque du château de Compiègne, le 23 septembre 2006

# Posté le mardi 26 septembre 2006 11:58

Vladimir Poutine et dominique de villepin

Vladimir Poutine et dominique de villepin
A l'occasion d'une visite de deux jours du Premier ministre français Dominique de Villepin à Moscou, lundi et mardi, la France et la Russie ont serré les coudes et joué le jeu de l'union diplomatique. Paris et Moscou ont adopté une déclaration conjointe appelant l'Iran à se conformer aux demandes de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Dans ce même document, la communauté internationale salue les propositions russes pour envisager une sortie de la crise avec Téhéran. Iran, mais aussi Irak et Proche-Orient : le Premier Ministre français s'est entretenu pendant deux heures avec Vladimir Poutine, avec qui il a brossé un large « tour d'horizon » des sujets qui font l'actualité en politique internationale. La situation des ONG et la guerre en Tchétchénie ont aussi été abordées.

De notre correspondante à Moscou

«Nous avons besoin d'affirmer l'unité de la communauté internationale. Nous avons besoin de concertation, de rassemblement, et d'initiatives.» Recherche d'un compromis avec l'Iran, invitation du Hamas par Moscou : en vingt-quatre heures de visite, Dominique de Villepin n'aura eu de cesse de saluer les initiatives prises ces derniers temps par Moscou, qui tente ainsi de reprendre la main sur la scène internationale.

Déclaration conjointe sur les questions nucléaires

Pendant deux heures, le Premier ministre français a rencontré Vladimir Poutine au Kremlin. A l'issue de leur entretien, Paris et Moscou ont adopté une déclaration commune à propos du nucléaire iranien. Interrogé en direct sur la radio Echo de Moscou mardi en fin d'après-midi, Dominique de Villepin en a révélé les principaux traits, estimant qu'il y a deux risques à éviter : celui de tomber dans un «engrenage non maîtrisé» et celui qui consisterait à «ne rien faire.» Dans ce document, la France et la Russie «appellent l'Iran à se conformer pleinement à la résolution de février du Conseil des Gouverneurs et aux demandes de l'AIEA, y compris la pleine suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement et au recyclage.» De plus, les deux pays notent que la «proposition de consortium pour l'enrichissement de l'uranium localisé en Russie bénéficie d'un large soutien de la communauté internationale et permet d'aller de l'avant dans cette direction.» Mais pour l'instant, la République islamique n'a donné aucune indication qui laisserait entendre qu'elle pourrait renoncer à son droit d'enrichir de l'uranium. Des discussions entre Téhéran et Moscou devraient se tenir ce 20 février dans la capitale russe, avant une nouvelle réunion des gouverneurs de l'agence atomique, le 6 mars.

«Chance historique» pour le Proche-Orient

Alors que sur l'Iran, un consensus tend à se dégager, la communauté internationale reste bel et bien divisée quant à l'invitation des représentants du Hamas par Moscou. Par la voix de Dominique de Villepin, la France a une fois de plus apporté son soutien à la Russie, estimant que «c'est une proposition qui peut faire baisser les tensions» et qu'il y a là une «chance historique» à saisir pour le Proche-Orient. Saluant les «différences» de points de vue, qui permettent notamment à la Russie d'avoir aujourd'hui des «coudées plus franches», le Premier ministre a répété vouloir «entrer très vite dans une logique de dialogue et de responsabilité. Mais pour cela, il y a trois impératifs : la renonciation à toute forme de violence, la reconnaissance d'Israël et celle des accords qui ont été conclus entre Israël et les Palestiniens.»

Rattrapé par la politique intérieure

Ces déclarations de politique internationale en feraient presque oublier le but premier du chef du gouvernement français en Russie : sa participation, accompagné de plusieurs ministres et d'une quinzaine de chefs d'entreprises français, au 11e séminaire intergouvernemental franco-russe, placé cette année sous le signe des hautes technologies. Destruction des armes chimiques, propriété intellectuelle, la rencontre a permis de signer une série d'accords. Parmi eux : Arianespace et l'agence spatiale russe, Roskosmos, ont signé un contrat d'approvisionnement des quatre premiers Soyouz qui seront lancés du Centre spatial guyanais à partir de 2008.

Enfin, difficile pour le Premier ministre d'oublier, même à Moscou, les affres de la politique intérieure française. A plusieurs reprises, les journalistes n'ont pas manqué de lui demander s'il serait oui ou non candidat à l'élection présidentielle de 2007. Lors de sa conférence commune avec son homologue Mikhaïl Fradkov, un journaliste russe a demandé au Premier ministre russe s'il pensait que son homologue ferait un bon président. Dominique de Villepin a aussitôt coupé court en affirmant que l'expérience de Mikhaïl Fradkov «est telle qu'il ne répondra pas à cette question, tout simplement parce que la question ne se pose pas.»

# Posté le dimanche 01 octobre 2006 12:48

Modifié le vendredi 02 mars 2007 04:44

vladimir poutine

vladimir poutine
Vladimir Poutine aime commencer tard sa journée de travail. Le matin, dans sa résidence de Novo-Ogarevo, dans l'ouest huppé et verdoyant de Moscou, il lui arrive de faire de l'équitation ou des longueurs de piscine. A 53 ans, le président russe est un homme de petite taille, mince, qui cultive son corps. C'est un sportif, amateur de ski et de judo. On ne lui connaît aucun excès d'alcool, aucun geste inconvenant en public. A la télévision, il apparaît parfois une tasse de thé à la main. Ces petites choses sont appréciées des Russes, qui gardent un souvenir consterné des frasques et de la dégradation physique de Boris Eltsine. Une photo des années 1980 montre un tout autre Vladimir Poutine, pourtant. C'était à Dresde, en RDA. On le voit dans un jardin, torse nu, jouant au ping-pong, le ventre gras et flasque. Il était alors agent du KGB, d'un rang subalterne. Sa carrière ne décollait pas. Il buvait de la bière.

En fin de matinée, un cortège toutes sirènes hurlantes conduit le président russe vers son bureau dans l'aile nord-ouest du Kremlin, tout près des anciens appartements de Staline. L'endroit a conservé, d'après les témoins, une atmosphère surannée, avec boiseries, moquettes, et une multitude de téléphones alignés à la façon soviétique. Depuis Lénine, tous les numéros un russes ont dirigé le pays depuis ce bâtiment, un ancien palais du Sénat tsariste qui donne sur la place Rouge. Vladimir Poutine a une forte capacité de travail et enchaîne les entretiens jusqu'à minuit. Il absorbe les dossiers, avale des statistiques.

De caractère froid, il est appliqué. Ce n'est pas un orateur charismatique, capable d'électriser des foules comme son voisin de Biélorussie, le président Loukachenko - qui l'agace. Mais il articule bien, il est clair, et a l'humour grinçant. Longtemps, Vladimir Poutine a manifesté envers ses supérieurs une fiabilité irréprochable. Cette fidélité est la raison principale pour laquelle, alors qu'il était inconnu du grand public, il a été choisi par l'entourage de Boris Eltsine en 1999 pour assurer la relève du pouvoir. Il a hésité avant d'accepter.

C'est que Poutine a connu des périodes difficiles, dont il a su se relever. Notamment en 1990, lorsqu'il s'est retrouvé sans emploi, de retour d'Allemagne de l'Est, pris dans les fissures de l'URSS qui s'effondrait - "la plus grande catastrophe du XXe siècle", selon lui. Il a envisagé un temps de travailler comme chauffeur de taxi pour subvenir aux besoins de sa famille : Lioudmila, son épouse, effacée, ancienne hôtesse de l'air sur Aeroflot, Macha et Katia, ses filles, aujourd'hui étudiantes. Le KGB l'a finalement affecté à la faculté de droit de Leningrad, où il avait étudié. C'est là qu'il a approfondi ses liens avec Anatoli Sobtchak, le futur maire et l'étoile montante des réformateurs ou affairistes de la ville.

Aujourd'hui encore, ceux qui le côtoient sur des questions d'investissements affirment que les notions d'économie du président russe restent fortement marquées par son expérience personnelle. Celle d'un ancien responsable des relations économiques extérieures de Saint-Pétersbourg au début des années 1990, quand tous les coups étaient devenus possibles et que les mafias commençaient à se partager les biens d'Etat.

Il est arrivé à Vladimir Poutine d'évoquer devant Gerhard Schröder un autre épisode difficile. Il s'agit du blocus de Leningrad pendant la guerre, et de la mort, en bas âge, de ses deux frères. Son père, Vladimir Spiridonovitch, était ouvrier, un homme austère et de peu de mots. Il a combattu les nazis dans un bataillon du NKVD, le prédécesseur du KGB. Désormais fils unique, Vladimir Poutine est né sept ans après le conflit mondial, lorsque sa mère avait 41 ans. Adolescent, il rêvait devant des films soviétiques d'espionnage. Il a décidé de rejoindre le KGB.

Son talent pour gagner la sympathie en évoquant des pans de vie personnelle relève, selon les connaisseurs à Moscou, d'une technique assimilée dans les écoles du KGB. Lors de sa première rencontre avec George Bush en 2001, Vladimir Poutine lui a parlé de religion, et d'une croix qu'aurait miraculeusement retrouvée sa mère après un incendie. Lorsqu'un soir de 1998, alors chef des services secrets, il a invité une jolie journaliste russe blonde à déguster des sushis dans un restaurant de Moscou, Vladimir Poutine a montré qu'il connaissait étonnamment son histoire familiale : il avait apparemment consulté ses fiches.

Sur le dossier de la Tchétchénie, Poutine a opté pour la force brute, sans états d'âme. Sa réputation de dirigeant à poigne vient d'ailleurs entièrement de là. Les morts se comptent par dizaines de milliers depuis 1999, l'année où la guerre l'a porté au pouvoir ; il n'a jamais eu un mot pour les victimes civiles ou pour les soldats russes tués. C'est pour lui une guerre entre "les nôtres" et "les autres", l'ennemi n'est à ses yeux qu'un fanatisme islamique, attisé par des forces extérieures conspirant pour affaiblir la Russie. Il a survolé un jour en hélicoptère Grozny et s'est agacé du paysage de ruines, conscient du problème d'image pour l'extérieur. Il s'est ainsi assuré depuis longtemps que les télévisions étrangères ne puissent travailler librement en Tchétchénie. Un jour au Kremlin, il a répondu à la militante démocratique Svetlana Gannouchkina, qui le prenait à partie sur les crimes perpétrés en Tchétchénie : "On a l'armée qu'on a."

Cela ne l'empêche pas, pendant que les troupes russes pratiquent la technique du fagot - on attache les Tchétchènes entre eux et on les fait sauter à l'explosif -, d'organiser avec un grand naturel, en mai 2003, les fastueuses cérémonies du tricentenaire de Saint-Pétersbourg. Les dignitaires du monde entier ont pu goûter un spectacle de Jet-Ski zigzaguant sur les eaux de la Neva, des bateaux à voile évoquant l'époque de Pierre le Grand le long de belles façades de palais restaurées.

Là, Vladimir Poutine était à son aise. Autant, au même moment, que lors du sommet avec l'Union européenne où il distribuait les tours de parole. Les représentants des pays d'Europe centrale candidats à l'intégration étaient relégués dans les coins de la salle, comme des cancres.

# Posté le jeudi 05 octobre 2006 05:24